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Ghassan Hage, "La domestication: de la métaphore à la théorie", 08-20 octobre 2018

du 8 octobre 2018 au 20 octobre 2018

Chaire Scholar EuroPhilosophie (Séminaire Penser les décolonisations)

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Ghassan Hage est professeur à l'Université de Melbourne. Il a notamment publié White Nation: fantasies of White supremacy
in a multicultural society
(2000, Routledge),  Against Paranoid Nationalism: searching for hope in a shrinking society,
(2003, Pluto Press) et plus récemment, Alter-Politics : Critical anthropology and the Radical Imagination (2015, Melbourne
University Press) et Is Racism an Environmental Threat ?
(2017, Polity Press) traduit en français sous le titre Le loup
et le musulman
(2017,  Wildproject Editions).

Le terme domestication définit principalement une forme particulière qu’a pris historiquement la relation entre les humains et leur environnement non-humain – l’environnement en sa totalité ainsi que les éléments particuliers qui le constitue tel que les plantes et les animaux. Dans ce dernier cas, les relations sont entre-autres des relations de capture, d’apprivoisement et de transformation, de manière à retirer ces plantes et ces animaux de leur ‘état de nature’, et à améliorer la production et la reproduction de ce que les humains pensent avoir de valeur en eux. Dans les sciences humaines, le terme est généralement utilisé métaphoriquement pour désigner une relation de domination et/ou d’exploitation interhumaine qui partage certains traits surtout avec la relation homme-animal décrite ci-dessus.

Mais que se passerait-il si l’on pensent la domestication comme un mode général de relation à notre entourage sans donner la primauté à son existence dans le domaine des relations humains-non-humains? Pour achever ce déplacement analytique il faudra ne plus envisager le concept comme métaphore et le développer comme une théorie générale d’un mode spécifique d’exister dans le monde. Commençant par son utilisation métaphorique comme un mode de dévoilement des relations de domination et d’exploitation on examinera ce passage vers une conception plus évoluée de la domestication comme une modalité de l’être.

PROGRAMME DU SÉMINAIRE

09/10, 16h30 – Séminaire 1 : La domestication entre les sciences naturelles et les sciences humaines / Maison de la recherche, salle E412

Dans ce séminaire on commencera par examiner les différentes façons de penser la domestication en tant que relation homme-animal et homme-plante. De cet examen on passera à l’histoire extensive de son utilisation comme métaphore représentant certaines formes de domination de classe, patriarcale et raciale.

12/10, 10h00 – Séminaire 2 : La domestication comme technique de domination / Maison de la recherche, salle E412

Ce séminaire analyse la domestication comme un habitus et une pratique impliquant des modes instrumentaux de classification de notre entourage et des techniques de positionnement et d’exploitation du non-humain.

15/10, 10h – Séminaire 3 : La domestication généralisée comme mode d’existence / Maison de la recherche, salle E412

Ce séminaire considère la domestication comme un mode plus général d’exister dans le monde. On explorera la façon de laquelle elle implique l’enchevêtrement de deux espaces à l’apparence antagonistes : l’espace pacifique du chez-soi et l’espace violent de la domination. On examinera en particulier la nature de la domestication généralisée comme un mode de gestion de la relation entre ces deux espaces.

18/10, 14h – Séminaire 4 : L’assemblage capitalisme-domestication et son extérieur / Maison de la recherche, D30

Ce séminaire considère la manière dont la relation symbiotique entre le capitalisme et la domestication généralisée a été au cœur des pratiques et des attitudes qui ont généré la crise écologique. On passera à l’examen d’autres modes d’existence occultés aujourd’hui par l’assemblage capitalisme – domestication généralisée. En particulier, on examinera les modes d’existence réciproques et mutualistes et mesure dans laquelle ces modes d’existence peuvent offrir un espace pour une transformation radicale de notre relation avec l’environnement ainsi que les uns aux autres.

GRANDE CONFÉRENCE

« La condition lenticulaire : l’enchevêtrement des réalités »

16/10, 16H30 / Maison de la recherche, amphi F417

Une photo lenticulaire est une photo qui apparaît différemment selon l’angle dont on la regarde (Flip). Pensez aux cartes postales granulée clown qui rit/clown qui pleure, Jésus/Marie, etc. Contrairement à l’image/réalité singulière captée dans la photographie ordinaire, la surface lenticulaire contient une multiplicité d’images/réalités qui se révèlent en fonction de la perspective d’interaction avec la surface photographique. Il convient de souligner que la surface lenticulaire n’offre pas une seule image qui apparait différemment selon la perspective du spectateur, la perspective lenticulaire est une perspective ontologique. La photo contient une multiplicité de réalités possible. La perspective du spectateur est un angle de vision qui pousse à l’avant une des réalités possibles. En comparant certains exemples ethnographiques je veux plaider contre un mono-réalisme irréfléchi que l’analyse sociale et culturelle prend par défaut comme position de départ. Je veux plutôt faire valoir que les sujets sociaux sont toujours confrontés à un monde multi-ontologique lenticulaire, ce que Lucien Lévy-Bruhl appelle un «enchevêtrement de réalités».

Plus d’information sur Ghassan Hage :

page de l’Université de Melbourne
page personnelle sur Academia

Retrouvez les informations détaillées relatives à la chaire sur le site du Master EuroPhilosophie.



Lieu(x) :
Toulouse - Campus du Mirail

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