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Séminaire « Emma, c’est nous » - Année 1

du 16 février 2012 au 21 juin 2012

Vincent van Gogh [ La lectrice de roman ] 1888.jpg

Vincent van Gogh [ La lectrice de roman ] 1888.jpg

Séminaire Emma, c'est nous - Année 1
Lectures d'identification ? 

Séminaire organisé par Létitia Mouze (Maître de conférences en philosophie, UTM ; STL, Lille 3) et Anne Coignard (docteur en philosophie, CREA Ecole Polytechnique, membre associée de l'équipe ERRaPhiS). 

L'argumentaire général du séminaire est à télécharger.

Programme 
 

16 février 2012 : séance d’introduction
La première séance du séminaire a été consacrée à la présentation, par les organisatrices, d'une part, de ce qui avait motivé l'organisation de ce travail en commun et, d'autre part, des interrogations qu'elles nourrissaient, chacune, vis-à-vis de l’expérience de lecture et de la manière d'en rendre compte. Elles ont souligné, toutes deux, leur volonté de poser la question de la lecture en termes d'effets : ceux produits sur le lecteur. Létitia Mouze a ancré son approche dans les outils fournis par la philosophie ancienne, Anne Coignard a proposé une présentation de l'approche didactique de Louise Rosenblatt. 
 

15 mars 2012 : Fanny Gonzalez
(UTM), Autour de l’ouvrage de M. Coquillat, Romans d ’amour.
Fanny Gonzalez nous a présenté l ’approche des romans Harlequin élaborée par M. Coquillat, dans un ouvrage de 1988, Romans d ’amour. Il s ’agit pour elle de poser, avec les romans Harlequin, la question du roman populaire. Il s ’agit aussi de questionner le genre du lecteur, la lecture en tant que femme, les romans Harlequin étant destinés aux femmes et souvent écrits par des femmes. La question est d ’abord celle de savoir comment juger des romans Harlequin. Et celle de savoir si l ’on doit le faire ? Si on légifère trop vite sur la lecture, en considérant que lire des romans populaires, c ’est mal, on se coupe de toute possibilité d ’interroger ce qui marche dans ces romans. De plus, condamner la lecture des romans Harlequin, c ’est peut-être indissociablement condamner ceux qui les lisent, et donc, les classes populaires. L ’autre question est celle du féminisme. Faut-il abolir les romans Harlequin ? Et, le faire, ne serait-ce pas reconduire les préjugés combattus sur la malléabilité des femmes ? 
 
26 avril 2012 : Vincent Gray (ERRaPhiS, UTM), L ’efficace du roman chez Rousseau  : la Nouvelle Héloïse.
Vincent Gray a proposé de présenter le rôle du roman, et singulièrement de la Nouvelle Héloïse, dans la pensée politique de Rousseau. Dans la perspective qui est la sienne, il s ’agit d ’appréhender la philosophie politique de Rousseau comme une philosophie de la réforme politique. Et, en particulier, il s ’agit d’œuvrer à la réforme du monde par l ’écrit, le but étant la liberté et le bonheur, c ’est-à-dire la « félicité publique ». 
 
31 mai 2012 : Aude Constans (UTM, Master), Le roman gothique. 
Aude Constans nous a proposé une séance sur le roman gothique, genre littéraire qui fait partie de ses lectures privilégiées. Elle propose, notamment, de revenir sur Le Château d’Otrante. 

14 juin 2012 : François-Ronan Dubois (doctorant, Grenoble 3) : La réception de La Princesse de Clèves : les lecteurs du Mercure Galant et les lycéens de Nous, Princesses de Clèves
À sa parution en 1678, La Princesse de Clèves, petit roman anonyme, remporte un vif succès. Des lettres s’échangent chez les particuliers et bientôt le Mercure Galant, gazette littéraire et mondaine, publie une question ouverte à ses lecteurs : la Princesse de Clèves a-t-elle bien fait d’avouer son amour pour Monsieur de Nemours à son mari ? Cette discussion, versant populaire de la querelle d’érudits qui oppose, au même moment, Valincour et l’abbé de Charnes, s’attache à défendre ou à condamner la Princesse et déborde vite du cadre prescrit par son intitulé. Quelques siècles plus tard, un ministre de l’intérieur de la République Française, qui allait en devenir le Président, par stratégie poujadiste ou maladresse, exprimait à plusieurs reprises le peu d’attachement qu’il avait pour La Princesse de Clèves, caractéristique qu’il se supposait en commun avec la guichetière de la poste, à laquelle il s’agissait de ne pas en parler. Entre question au gouvernement d’un sénateur socialiste, lectures publiques, billets enflammés d’universitaires outrés et barricades de chaises, la polémique s’enfle. Dans le même temps, le cinéaste Christophe Honoré propose une adaptation du roman sous le titre de La Belle Personne, projet qui n’est pas inédit puisque Jean Delannoy (La Princesse de Clèves, 1961), Manoel de Oliveira (La Lettre, 1999) et Andrzej Zulawski (La Fidélité, 2000) s’y étaient déjà essayés avant lui. La version d’Honoré transporte l’intrigue dans la cour d’un lycée fort bourgeois des beaux quartiers parisiens. Survient enfin le long-métrage documentaire de Régis Sauder, Nous, Princesses de Clèves, qui prend en 2011 le contre-pied de Christophe Honoré et filme un atelier de lecture consacré, dans un lycée populaire, à la célèbre nouvelle historique. Si La Belle Personne était à La Princesse de Clèves ce que La Bande des Quatre (Jacques Rivette, 1988) était à Marivaux, Nous, Princesses de Clèves lui est ce qu’était au même L’Esquive (Abdellatif Kechice, 2004). 
A partir de ces réceptions du roman, François-Ronan Dubois propose d'examiner la continuité qu'il peut y avoir entre lecture naîve et lecture documentée
 
21 juin 2012 : bilan de l’année. 

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Les comptes rendus des séances sont disponibles sur le blog du séminaire : http://blogs.univ-tlse2.fr/emma/

Contact :
Anne Coignard ou Létitia Mouze
Lieu(x) :
Toulouse - Campus du Mirail
Département de philosophie, bâtiment 18, salle des agrégatifs. 

Documents à télécharger :

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