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Séminaire « Emma, c’est nous » - Année 2 

du 18 octobre 2012 au 28 juin 2013

Vincent van Gogh [ La lectrice de roman ] 1888.jpg

Vincent van Gogh [ La lectrice de roman ] 1888.jpg

Séminaire Emma, c'est nous - Année 2
Expériences de lecture

Séminaire organisé par Létitia Mouze (Maître de conférences en philosophie, UTM ; STL, Lille 3) et Anne Coignard (membre associée ERRaPhiS). 

Projet de l’année 2012-2013

Le séminaire qui a été initié au deuxième semestre de l ’année 2011-2012 a été pensé, dès l ’abord, comme un séminaire d’exploration – au sens où le programme était entièrement ouvert aux propositions des participants. Les séances tenues en 2012 peuvent donc être considérées comme des séances d'essai – séances d'un séminaire en rodage - qui nous ont permis de cerner les difficultés d ’un travail collectif, et de formuler de nouvelles attentes quant à la manière de travailler ensemble. 
 
Ainsi, le projet des nouvelles séances, pour l ’année 2012-2013 a été décidé en commun, lors de la dernière séance de séminaire, en juin 2012.

1. Nous avons décidé de constituer, pour notre réflexion sur la lecture (pour le moment essentiellement des romans ou des nouvelles), une petite bibliographie d’œuvres littéraires à lire, ou « œuvres au programme » pour le séminaire de l’année. Nous avons choisi ensemble des œuvres de périodes, de genres différents – toutes en français, cependant, pour ne pas encore se confronter à la question de la traduction. Ces œuvres nous serviront de point d ’appui, de lieu commun où situer la discussion, pour mettre à l ’épreuve les réflexions théoriques sur la lecture que nous aurons l ’occasion, au cours de l ’année, de rencontrer ou de développer. L’idée n ’est pas de nous restreindre à ces œuvres, mais seulement d'avoir un bagage commun : Simenon: La vérité sur Bébé Donge ; Marivaux: Le paysan parvenu ; Giono: Un roi sans divertissement ; Laclos: Les liaisons dangereuses ; M. Bâ: Une si longue lettre
Remarque : L'existence d'adaptations cinématographiques pour certaines de ces œuvres nous paraît un atout pour une réflexion sur la lecture : une adaptation est en effet une lecture. Nous vous invitons donc, non seulement à (re)lire ces ouvrages, mais encore à prendre connaissance de leurs éventuelles et diverses adaptations cinématographiques.

2. Nous avons projeté, cette année, d'alterner des séances de compte-rendu d'une œuvre théorique sur la lecture (ou plusieurs à la fois éventuellement si les choses s’y prêtent), et des séances de compte-rendu de lecture concrète d'une des cinq œuvres "au programme". 
  • Dans le deuxième cas (deuxième type de séance), un des participant propose un compte-rendu de lecture personnelle d'une des 5 œuvres sélectionnées et on en discute ensemble ensuite. 
  • Dans le premier cas, une personne du séminaire prend en charge le compte-rendu d'un ouvrage théorique qu'elle choisit, puis prend position par rapport aux thèses qui s ’y trouvent soutenues ou aux concepts qui y sont proposés, en s ’appuyant en particulier (mais pas exclusivement) sur sa lecture effective, concrète, personnelle, des œuvres "au programme". Nous pensons ainsi rendre possible un dialogue constructif, qui permette de confronter la théorie à l’expérience elle-même - ou plutôt aux expériences elles-mêmes. Les participants sont invités à intervenir et à dialoguer avec la personne qui prend en charge la séance, et entre eux, et à réfléchir également à ce qu ’ils pensent de la position du théoricien étudié, en prenant eux aussi appui sur leurs lectures concrètes personnelles. Nous espérons, là, que les cinq œuvres sélectionnées constituent le bagage commun qui puisse rendre la discussion plus concrète pour tout le monde et donc plus fructueuse. Une bibliographie a déjà été constituée – mais sa constitution est toujours ouverte : et elle le sera toute l ’année. Autrement dit, chaque participant est libre de choisir le texte qu ’il va présenter, mettre en perspective et discuter. 

Le fait que les exposés se jouent comme présentation d ’ouvrages, avant toute discussion, correspond à la fonction que nous souhaitons accorder à ce séminaire dans le département de philosophie. À savoir celle d ’un séminaire de réflexion, pour non-spécialistes, sur la littérature et aussi, donc, séminaire de formation pour les étudiants qui souhaitent trouver un lieu où découvrir des éléments de théorie littéraire. 
 
Programme
 
  • 18 octobre 2012 : introduction (1) par Létitia Mouze (STL, Lille 3 ; UTM) sur la question de la distinction littérature/ philosophie. 
  • 7 novembre 2012 : introduction (2) par Anne Coignard (ERRaPhiS, UTM), présentation de la bibliographie de l’année et enjeux des théories de la lecture. 
  • 29 novembre 2012 : Lukas Held (doctorant, ERRaPhiS, UTM) sur le groupe « Poetik und Hermenuetik » et l ’herméneutique de Blumenberg. 
    Durant cette séance, Lukas Held a présenté le fonctionnement de l’École de Constance, en insistant, notamment, sur la contribution de Blumemberg aux travaux de ce groupe. 
  • 20 décembre 2012 : Séance double. Première heure consacrée au partage de nos expériences de lecture de Un roi sans divertissement de Giono, puis exposé de Jean-Yves Laurichesse (PLH, UTM) sur Giono lecteur
    Cette séance a été consacrée au partage des expériences de lecture d’Un roi sans divertissement. À la suite de cet échange, Jean-Yves Laurichesse nous a rejoint pour proposer un exposé sur Noé, la bibliothèque de Giono et peindre un portrait de Giono en lecteur. 
  • 17 janvier 2013 : Sara Bédard-Goulet (LLA, UTM), Usages thérapeutiques de la lecture.
    Sara Bédard-Goulet, lors de cette séance, nous a fait part des résultats de sa thèse, portant sur le rôle de la lecture dans la réparation psychique. Elle nous a fait part, notamment de son expérience en ateliers d’art-thérapie (ateliers d’écriture et de lecture littéraire) à l’Hôpital psychiatrique Marchand, à Toulouse. Mais elle a aussi fait des propositions concernant les théories du texte et de la lecture. 
  • 07 février 2013 : François-Ronan Dubois (doctorant, UMR LIRE et EA RARE, Grenoble 3) : Lecteurs dans les Liaisons dangereuses, lecteurs des Liaisons dangereuses  : éléments pour une description de la lecture interprétative.
    François-Ronan Dubois nous a proposé d’observer la manière dont la structure épistolaire à énonciations multiples conduit à détacher progressivement le lecteur réel des lecteurs intradiégétiques, sans pour autant le désensibiliser. Cela, pour montrer la rôle de la réflexion dans l’expérience de lecture, rôle tel que lorsqu’un lecteur apprend à décoder et à interpréter un texte, quand il discute ses effets de structure, il ne va pas nécessairement vers un appauvrissement de son expérience émotionnelle dans la lecture. 
  • 28 février 2013 : Gérard Langlade (LLA, UTM) autour des Lectures de La Chartreuse de Parme.
    Gérard Langlade nous a proposé de travailler à partir de textes de "grands" lecteurs de La Chartreuse pour montrer la variété des lectures créatrices du roman et la diversité des chemins de lecture qu ’elles offrent. Il a notamment accordé une grande place au célèbre article de Balzac sur La Chartreuse de Parme paru dans La revue parisienne le 25 septembre 1840 et à la réponse que lui fit Stendhal, mais aussi à quelques pages de Maurice Barrès tirées du chapitre « L’automne à Parme » de son ouvrage Du sang, de la volupté et de la mort, paru en 1884, à des extraits du chapitre « Stendhal ou le romanesque du vrai » du Deuxième sexe de Simone de Beauvoir paru en 1949, à la perspective de lecture d’Aragon dans La lumière de Stendhal, en 1954, au célèbre article de jean-Bellemin-Noël, « Le motif des orangers dans La Chartreuse de Parme », paru dans la revue Littérature en 1972. Enfin il a proposé d’examiner les deux adaptations cinématographiques de l’œuvre : celle de Christian-Jacque qui date de 1948 et celle de Mauro Bolognini de 1981. 
  • 22 mars 2013 : Partage de lecture : La Vérité sur Bébé Donge, de Simenon. 
  • 11 avril 2013 : Aude Constans (Master, UTM) sur la lecture par Derrida.
    Cette séance a été consacrée à la présentation de La pharmacie de Platon de Derrida. Aude Constans a examiné le texte de Derrida eu égard aux conceptions du texte et de la lecture qui s’y formulent, mais elle a aussi questionné le travai qu’opère la lecture de Derrida dans le texte de Platon. 
  • 30 mai 2013 : Bérengère Basset (PLH, UTM), « Lectures et lecteurs naïfs des Chroniques rabelaisiennes ». 
    Bérengère Basset nous a proposé de revenir sur certains passages de l’œuvre de Rabelais à partir desquels elle a questionné son expérience personnel de lectrice, d’enseignante et de chercheuse et les multiples dimensions de sa relation à ces textes. L’enjeu était de se demander si une lecture « naïve » de Rabelais est possible, voire souhaitable, en même temps qu’il s’agissait de questionner ce que signifie la "naïveté" de la lecture pour une telle œuvre et pour les problèmes qu ’elle pose.
  • 20 juin 2013 : Bilan de l ’année
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L'argumentaire général du séminaire et le projet de l'année sont disponibles pour le téléchargement.  
Les comptes rendus des séances de séminaire sont disponibles sur le blog du séminaire Emma : http://blogs.univ-tlse2.fr/emma/
 

Contact :
Anne Coignard ou Létitia Mouze
Lieu(x) :
Toulouse - Campus du Mirail
Département de philosophie, bâtiment 18, salle des agrégatifs. 

Documents à télécharger :

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