Equipe de Recherche sur les Rationalités Philosophiques et les Savoirs (ERRAPHIS)


Accueil ERRAPHIS > Séminaires > Emma

Séminaire « Emma, c’est nous » - Année 4

du 5 novembre 2014 au 24 juin 2015

Séminaire Littérature et Philosophie

La lectrice.jpg

La lectrice.jpg

 
Séminaire Emma, c'est nous
Année 4
  
Après trois ans de séminaire, le bilan de l'année passée s’est avéré un peu mitigé : si toutes les séances étaient passionnantes, prises individuellement, on a pu souligner le manque de fil directeur. Celui choisi pour l'année 3013-2014, à savoir les relations entre philosophie et littérature, a paru en fait trop large. En outre, il ne permettait pas de faire un lien entre les séances théoriques et les séances de partage de lecture qui font la spécificité du séminaire. Il nous faut donc, pour cette nouvelle année, repenser l'intention globale du séminaire. Ainsi, après discussion avec les participants présents lors de la séance de bilan,  nous (c'est-à-dire les organisatrices) avons décidé de recentrer le séminaire sur la lecture, plus précisément l’expérience de lecture ordinaire des œuvres dites littéraires, et de consacrer une année à des séances de partage de lecture, avec toutefois des changements par rapport à ce que nous avons jusqu’alors pratiqué en ce domaine.

1. Nouvelles modalités pour l'organisation des séances : 

Il nous est apparu plus fructueux qu’à chaque séance une personne propose à tous une œuvre littéraire de son choix. Il serait souhaitable, dès lors, de l’avoir lue ou parcourue (suffisamment pour s’être quelque peu immergé dedans et an avoir retiré des impressions). La personne en charge de la séance proposera alors un exposé d’une heure sur cette œuvre, afin de rendre compte de son expérience de lecture. Libre à elle de présenter cette expérience comme elle le souhaitera (avec ou non des outils théoriques, à charge pour elle d’expliciter ses choix, ses parti-pris, de confronter sa lecture ou son interprétation aux interprétations disponibles etc.). Puis il lui incombera de susciter la participation, dans un deuxième temps, des membres du séminaire, par des questions, par exemples.
     Pour élaborer cette nouvelle "formule", nous avons gardé en tête, notamment, les séances qui avaient été menées par François-Ronan Dubois, sur La princesse de Clèves et Les liaisons dangereuses, mais aussi la séance de Gérard Langlade sur La Chartreuse de Parme ou de Bérengère Basset sur Rabelais, qui ont pu se dérouler comme partage des expériences de lecture, discussion sur le sens de l’œuvre et ses enjeux, à partir, aussi, de la présentation de la diversité des lectures, académiques, littéraires, etc., auxquelles les œuvres choisies avaient déjà donné lieu.
    Revenir aux lectures disponibles permet sûrement de se donner un lieu pour la discussion, dans la mesure où elles donnent un point de départ, et ne sauraient être discutées qu'en invitant celui qui les discute à revenir sur son expérience de lecture. En procédant ainsi, nous espérons donc pouvoir articuler partage des lectures effectives des participants et réflexion sur les effets de la lecture, réflexion sur les modalités et les enjeux des lectures instituées, tout en questionnant la possibilité de l'articulation ou du conflit entre diverses attitudes de lecture. Surtout, nous pensons pouvoir retrouver, dans le séminaire, ce qui nous tenait à cœur, à savoir qu'il soit un espace de discussion, ouvert et amical, autour de la littérature.

2. Délimitations thématiques : 

Avant de partir d'un nouveau pied, et pour définir l’esprit de ces "lectures partagées", nous proposerons une première séance consacrée à la définition de ce que nous entendons par expérience de lecture. Pour le dire vite (nous vous renvoyons pour plus de détails à l’argumentaire général du séminaire), nous opposons cette expérience de lecture ordinaire à la lecture savante, non pas parce que les deux n’auraient rien à voir (il nous semble au contraire que la seconde s’ancre dans la première et se construit par rapport à elle), mais parce que il nous semble que cette expérience première est souvent oubliée, voire déconsidérée, dans le milieu universitaire, alors même qu’elle est, pensons-nous, fondatrice. Bref, nous proposons donc une séance consacrée à la présentation, la clarification de ces notions, et à la discussion de ces présupposés. Ce qui nous permettra aussi, à l'orée d'une nouvelle année, de revenir sur les "résultats" des années précédentes, de revenir sur celles-ci pour en extraire ce qui nous donne autant de points d'appui.

Nous proposons également, pour construire le programme de l'année prochaine en évitant l’atomisation des séances, mais aussi parce que ce choix est cohérent avec nos présupposés théoriques, de nous consacrer à des œuvres "populaires", d’une manière ou d’une autre :
  • il pourra s'agir d'œuvres classiques ayant fait l’objet de lectures et de réappropriations « non savantes » selon les critères universitaires actuels, c’est-à-dire affectives. La Princesse de Clèves, par exemple, suscita en son temps des débats sur l’opportunité de l’aveu par l’héroïne à son mari de ses sentiments extra-conjugaux, Les souffrances du jeune Werther de Goethe, avaient, dit-on, entraîné une vague de suicides, La Nouvelle Héloïse de Rousseau a suscité un nouveau genre littéraire, la « lettre à l’écrivain » ; La femme de trente ans a valu à Balzac de recevoir nombre de lettres de femmes enthousiastes, Adolphe de Benjamin Constant, qui a eu un grand succès, a donné lieu à un intense débat moral entre les lecteurs ;
  • mais aussi d’œuvres classiques aujourd’hui considérées comme de la littérature facile, pour femmes et/ou enfants. Par exemple, les romans de Jane Austen ou les romans champêtres de George Sand (auxquelles deux séances seront consacrées), les nouvelles de Stephan Zweig longtemps considéré comme un auteur mineur parce que beaucoup lu ; 
  • d'oeuvres contemporaines bénéficiant d'une double reconnaissance, populaire et critique, comme celles de Modiano ou Pennac, par exemple ; 
  • d'oeuvres ayant fait l'objet d'une réception particulière : ayant soulevé, par exemple, un débat politique, une discussion sur les enjeux éthiques de la littérature ou la responsabilité de l'écrivain, comme Les Bienveillantes de B. Littel, par exemple ;
  • sans oublier les succès ou les redécouvertes actuelles, qui s'accompagnent souvent d'actualisations télévisuelles ou cinématographiques : Les aventures de Sherlock Holmes de Sir Arthur Conan Doyle, Le seigneur des anneaux de Tolkien,  Harry Potter de J. K. Rowling, les romans de Roal Dahl, de Jules Verne, de Victor Hugo, d'Alexandre Dumas, etc.

Nous espérons qu’un tel corpus (entièrement ouvert à vos propositions puisque nous avons seulement donné des exemples) nous permettra de mener de front, au moyen du "dispositif" de partage de lecture, une réflexion sur la lecture qu’on dit parfois "naïve", la lecture non académique, la lecture d’identification, etc. Encore une fois, nous ne pensons pas qu’il faille opposer cette lecture-là à la lecture érudite, universitaire, informée, comme si toutes deux n’avaient rien à voir, et nous ne prétendons pas plus inverser les catégories, faisant de la lecture "savante" un épouvantail ou un repoussoir à bannir. Nous voulons seulement réfléchir dans le cadre de ce séminaire à ce que signifie lire, à ce en quoi consiste cette expérience, aux raisons pour lesquelles nous lisons, nous aimons lire. Et nous souhaitons, avec d’autres du reste, redonner une légitimité à cette lecture d’immersion.

3. Programme

  • Séance 1 - mercredi 5 novembre (14h-16h, salle OBM1) : Introduction - Anne Coignard, Lectures naïves, lectures savantes ? 
  • Séance 2: vendredi 19 décembre (10h-12h, salle OBM1) : Loreline Courret, Noirceur de Manchette.  
  • Séance 3: mercredi 4 février (14h-16h, salle RE207)  : Pierre Roncin, Jane Eyre de Charlotte Brontë.
  • Séance 4: mercredi 1er avril (14h-16h, salle RE207) : Anne Coignard, Orgueil et Préjugés de Jane Austen. 
  • Séance 5: mercredi 20 mai (14h-16h, salle RE207) : Létitia Mouze, les romans champêtres de George Sand : La petite Fadette, François le Champi, La mare au diable
  • Séance 6: mercredi 24 juin : bilan / mardi 30 juin (15h, dans l'herbe) : Azalée, Jeanne et Zeïa, Harry Potter. 

Les comptes rendus des séances sont disponibles sur le blog du séminaire : http://blogs.univ-tlse2.fr/emma/
 
 

Contact :
Anne Coignard et Létitia Mouze
Lieu(x) :
Université Toulouse - Jean Jaurès
Les horaires et salles pour les séances de séminaire seront communiqués au fur et à mesure. 
Partenaires :
ERRAPHIS
Département de philosophie de l'UTM

Version PDF | Mentions légales | Conseils d'utilisation | Lien vers RSSSuivre les actualités | haut de la page