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« Ce qui fait qu’un peuple est un peuple selon Fichte »

Max Marcuzzi

Dans un article de La crainte des masses intitulé “ Ce qui fait qu’un peuple est un peuple ”, Étienne Balibar affirme que Rousseau a formulé un “ énoncé théoriquement révolutionnaire ” en faisant de l’interrogation sur « ce qui fait qu’un peuple est un peuple » la question préliminaire à tout questionnement politique1. Le caractère révolutionnaire de cet énoncé serait justement d’avoir reconnu le caractère problématique du fait qu’un peuple est un peuple. Autrement dit, l’unité quantitative et qualitative du peuple perdait chez Rousseau son évidence en même temps que perdaient leur évidence les traits caractéristiques majeurs de l’ordre social traditionnel. Ainsi, même quand Hobbes posait la nécessité de l’établissement d’un lien politique sous la commune domination d’un Etat surpuissant, afin d’assurer la sécurité de tous les citoyens, la question de la composition du peuple n’émergeait-elle pas comme question, car l’Etat devait justement permettre de ne pas avoir à la poser : en effet, le souverain devait imposer et garantir le lien social sous la forme élémentaire d’une garantie de sécurité pour tous, indépendamment de la qualité de chacun, et notamment indépendamment de sa religion. Le motif majeur de clivage, la religion, étant ainsi neutralisé par l’Etat, la question des composantes ou de l’homogénéité du corps social pouvait rester dans l’obscurité.


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