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« La voix off dans Pierrot le fou »

Julien Servois

Godard, dans l’interview qu’il accorde aux Cahiers du cinéma à la sortie de Pierrot le fou, affirme avoir voulu filmer « des personnages abandonnés à eux-mêmes », ou encore, il affirme, reprenant à son compte les paroles de Pierrot, avoir tenté de filmer la vie, « la vie toute seule » . « Pierrot n’est pas vraiment un film, c’est plutôt une tentative de cinéma et le cinéma en faisant rendre gorge à la réalité nous rappelle qu’il faut tenter de vivre » . Cela se traduit par deux aspects évidents du film. Tout d’abord, Pierrot le fou nous présente une libération, une tentative de vivre, de « quitter ce monde dégeulasse et pourri », comme le dit Ferdinand, monde dont la face visible est la soirée Expresso, et l’envers les trafics d’armes africains. Qu’il s’agisse d’une tentative de vivre, c’est bien la litanie du film : « sortir d’une mauvais rêve », « la vraie vie est ailleurs », Marianne disant : « ce que je veux moi c’est vivre ». Ensuite, si les personnages sont abandonnés à eux-mêmes, c’est qu’ils ne sont plus liés par l’intrigue qui pourtant les entraîne, c’est qu’il semble sans cesse fabuler, jouer l’histoire dont ils sont les protagnistes – cette intrigue subissant corrélativement d’énormes ellipses : ses épisodes essentiels sont escamotés. Sur cette base, l’opposition du réel et de l’imaginaire dans le récit traditionnel fait place ici à un échange constant de l’un dans l’autre. Quels sont dans ce cadre la fonction et la signification de la voix off ? 


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