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Kélina Gotman, "Manies de la danse: mythe, science et pensée coloniale au 19e siècle" - ven 8 février de 14h30 à 16h30 au GA 107

Publié le 28 janvier 2019 Mis à jour le 28 janvier 2019
le 8 février 2019 Toulouse - Campus du Mirail

Le vendredi 8 février de 14h30 à 16h30 au GA 107 (Le Gai Savoir, campus du Mirail, Université Toulouse - Jean Jaurès)

Le vendredi 8 février 2019 de 14h30 à 16h30 au GA 107, Kélina Gotman (Senior Lecturer en études théâtrales et de la performance au King's College de Londres) viendra présenter une conférence intitulée "Manies de la danse: mythe, science et pensée coloniale au 19ème siècle". Cette conférence en français sera basée sur son livre Choreomania: Dance and Disorder (Oxford University Press, 2018) et traitera des interprétations de la "chorémanie" (danses de la Saint Guy, etc.).

Argumentaire: Quand la contestation politique est comprise comme folie épidémique, l’extase religieuse comme maladie nerveuse et les mouvements de danse anguleux comme sombres et grossiers, le trouble décrit est la chorémanie. Terme fourre-tout pour désigner à la fois les gestes spontanés et les mouvements de foule incontrôlés, la chorémanie a émergé au dix-neuvième siècle à une époque de conflits de classe accrus, de politique nationaliste et de règne colonial. Dans son livre Choreomania : Dance and Disorder, Kélina Gotman examine ces chorégraphies du désordre, repensant la formation moderne du concept de chorémanie à travers ses déplacements dans les disciplines des sciences et des sciences sociales. En lisant les archives décrivant des malformations spectaculaires des corps et de la politique des corps, elle montre comment se dissipent les préjugés à l’encontre de l’expressivité, révélant des anxiétés répandues à propos de l’agitation démonstrative. Comme elle le relève, les restrictions du mouvement impliquent des restrictions du pouvoir politique et de l’agentivité. Dans chaque chapitre, Gotman s’affronte aux nombreuses manières dont la chorémanie fonctionne comme une extension du discours façonnant l’orientalisme colonial, qui décrit alternativement les corps insurgés comme des autres dangereusement infectés et comme d’étranges vestiges des Bacchanales. A travers sa recherche, Gotman montre aussi comment, sous le radar du discours colonial, les hommes et les femmes se sont réunis pour se réapproprier les gestes de la révolte sociale selon leurs propres termes.