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Pierre Livet, "La pluralité des interprétations et leurs modes de mise à l'épreuve" - Séminaire interprétation

Publié le 18 février 2019 Mis à jour le 18 février 2019
le 19 février 2019 Toulouse - Campus du Mirail

De 16h30 à 18h30 le 19 février 2019 en salle Salle E411 (nouveau Pavillon de la Recherche), Université Jean-Jaurès, Toulouse.

Dans le cadre du séminaire "Connaissances interprétatives", Pierre Livet donnera une conférence intitulée "La pluralité des interprétations et leurs modes de mise à l'épreuve". Ce sera ce mardi 19 février, de 16h30 à 18h30, en salle E411 de la Maison de la Recherche de l'UT2J.
 
Voici le résumé de la séance:

Parler d’interprétation, c’est en fait présupposer que sur une situation, ou sur un document donné, on aura plusieurs interprétations.  Cette pluralité peut elle-même être « interprétée » de différentes manières, selon trois principales classes :

1) Une pluralité sans conflit ni mise à l’épreuve : 1a) interprétée comme une multiplicité non conflictuelle de perspectives ou de lectures (poèmes) ; 1b) comme une pluralité de succession dans le temps, chaque interprète d’un texte succédant à un précédent interprète du même texte (cf. Gadamer)

2) Une pluralité qui introduit des évaluations concurrentes 2a) interprétée comme une mise en relation avec différents autres textes et documents (histoire) dont on évalue la fiabilité 2b) comme une pluralité conflictuelle, qui crée des partis-pris s’opposant et s’adossant l’un à l’autre (idéologies) ; 2c) comme une pluralité de conceptualisation, voire de modélisation, de différents types de tensions à dénoncer voire régler (entre classes, entre genres, asymétries d’information).

3) Une pluralité entre modes de mise à l’épreuve  des interprétations pour leur assigner des priorités ; 3a) interprétée comme une pluralité d’emboîtements, de profondeur d’analyse (« prouvé que ce n’est pas prouvé » versus « pas prouvé que c’est exclu », par exemple dans des problèmes comme ceux des pesticides) ; 3b) comme une pluralité des analyses des relations de divergence puis d’effet en retour entre nos apprentissages et ceux des autres vivants.  Ces problèmes de mise à l’épreuve doivent être abordés dans une conception dynamique du savoir comme suite d’apprentissages qui se reprennent -partiellement- les uns les autres. Il nous faut alors tenir compte de la profondeur de ces emboîtements d’apprentissage non seulement chez les humains, mais chez les êtres vivants à toutes échelles, et des conséquences des conflits entre leurs « interprétations » et les nôtres – conflits qui sont en fait les modes de mise à l’épreuve les plus sérieux de nos propres interprétations.